Kamelot au KamFest 2026 : à la veille d’Halloween, la magie opère toujours à Tilburg !

Le chanteur de Kamelot bras levés, une invitée et le claviériste derrière lui, près d’un jet de flammes.

À la veille d’Halloween, ce vendredi 30 octobre 2026, Enariel et moi enfourchons nos chevaux électriques. Direction les Pays-Bas, et plus précisément Tilburg, pour le KamFest, le festival de Kamelot organisé au 013. Plus de 200 kilomètres nous séparent de la salle, avec deux rings de grandes villes à franchir un vendredi en fin de journée. Ajoutez à cela une journée de travail pour Enariel : autant dire que nous ne risquons pas d’assister à l’intégralité de l’affiche !

Nous savons déjà que nous manquerons Elegy et presque tout Leaves’ Eyes. Ce sera donc surtout une soirée en compagnie de Xandria et, bien entendu, de Kamelot. Mais qu’importe : pour certains groupes, on accepte volontiers quelques heures de route et quelques embouteillages.

Un t-shirt, une béquille et un petit malentendu linguistique

Après une micropause à l’arrivée, premier détour obligé : le merchandising de Kamelot. Il est magnifique, les designs donnent envie et nous repartons chacun avec notre t-shirt préféré. Voilà, les choses sérieuses peuvent commencer !

Je me dirige ensuite vers le personnel chargé de l’accueil des personnes à mobilité réduite. Et quelle bonne surprise : un accueil chaleureux, souriant, humain, avec une vraie volonté de trouver une solution. Nous en arrivons même à discuter des différences entre le néerlandais de Flandre et celui des Pays-Bas. Le mot « kruk » provoque une amusante confusion entre tabouret et béquille. Comme quoi, traverser la frontière réserve aussi quelques surprises linguistiques !

La dame m’explique que, pour demander un aménagement adapté aux Pays-Bas, il suffit ici de signaler ses besoins spécifiques, sans devoir présenter de justificatif. Elle ajoute qu’avec ma démarche et ma béquille, elle comprend immédiatement ma situation, même si certaines demandes lui paraissent parfois plus difficiles à interpréter.

Derrière la plateforme PMR, je remarque d’ailleurs plusieurs personnes installées sur des tabourets. Mais n’étant ni médecin ni juge des difficultés des autres, je me garderai bien d’en tirer la moindre conclusion. Ce qui compte, c’est que nous ayons été accueillis avec bienveillance et que chacun puisse profiter du spectacle.

Leaves’ Eyes : juste le temps de sentir la température

Nous n’attrapons que le dernier morceau de Leaves’ Eyes, groupe dont l’histoire est liée à Liv Kristine, l’ancienne voix de Theatre of Tragedy. Impossible, donc, de prétendre chroniquer leur prestation dans son ensemble. Mais une chose saute immédiatement aux yeux : l’ambiance est déjà au beau fixe. Le public est nombreux, enthousiaste et manifestement prêt à en découdre. Voilà qui promet !

Leaves’ Eyes sur scène sous des projecteurs verts, devant le public du KamFest au 013 de Tilburg.

Xandria : de vieux souvenirs et une redécouverte

Pour Xandria, je dois faire un aveu. J’étais resté très attaché à la période des albums Ravenheart, India et Salomé – The Seventh Veil. J’avais également entendu et apprécié « Valentine », puis, sans raison particulière, j’avais progressivement perdu le groupe de vue.

Entre-temps, Xandria a connu plusieurs changements de chanteuse et s’est renouvelé. Au micro désormais, Ambre Vourvahis possède une palette vocale impressionnante : chant clair, passages lyriques et growls se côtoient sans se marcher dessus. Et, sur scène, cette diversité fonctionne vraiment bien.

Le public ne s’y trompe pas : l’enthousiasme est palpable tout au long de la prestation. Pour ma part, c’est une très agréable redécouverte, avec cette délicieuse sensation de retrouver une vieille connaissance qui a poursuivi sa route et a encore beaucoup à raconter. Je crois qu’il va falloir rattraper quelques albums !

La chanteuse et un guitariste de Xandria sur scène sous un éclairage bleu au KamFest de Tilburg.

Xandria — vidéo du KamFest

Setlist de Xandria au KamFest 2026

Setlist de Xandria au KamFest 2026

Kamelot : une histoire qui remonte à loin

Et puis arrive enfin la tête d’affiche : Kamelot. Pour moi, ce groupe n’est pas une simple curiosité de festival. Je le suis depuis très longtemps et j’ai assisté à bon nombre de ses concerts, en Belgique comme aux Pays-Bas.

Il y a eu, bien sûr, les albums qui marquent durablement : The Black Halo, Ghost Opera, Poetry for the Poisoned. Puis la nouvelle ère ouverte par Tommy Karevik avec Silverthorn, Haven et The Shadow Theory. Autant de disques et de soirées qui ont contribué à faire de Kamelot un groupe à part dans ma discothèque.

Je dois pourtant reconnaître que The Awakening, leur précédent album, ne m’avait pas particulièrement marqué. Pas parce qu’il serait mauvais, mais parce qu’il n’avait pas réussi à capter mon attention à l’époque — et que ce sentiment avait persisté. J’avais un peu vécu la même chose avec Dark Asylum, sorti le 28 août dernier. L’album était là, les billets aussi, mais l’étincelle n’avait pas encore pris.

Heureusement, un concert de Kamelot, ça ne se refuse pas. Et j’ai sacrément bien fait d’y aller : depuis hier, Dark Asylum tourne en boucle chez moi. La magie a opéré une nouvelle fois ! J’y découvre maintenant un superbe album, rempli de gimmicks de guitare qui s’accrochent à l’oreille et d’arrangements qui prennent toute leur dimension en live.

Il faut aussi souligner ses invités : la chanteuse chilienne Ignacia Fernández, sacrée Miss World Chile 2025 et membre de Decessus, Clémentine Delauney de Visions of Atlantis, ainsi que Tobias Sammet, connu pour Edguy et Avantasia. Ce soir, les deux premières sont bien présentes pour porter les morceaux sur scène. Et elles ne vont pas faire de la figuration.

Sanctorium, Ashen World : les portes de l’asile s’ouvrent

Dès les premières notes de l’introduction « Sanctorium », on sent que quelque chose se prépare. Le public est chaud, très chaud, et cette ferveur ne faiblira pratiquement jamais. Puis « Ashen World » explose : Ignacia Fernández surgit avec ses growls rugueux, tandis que les flammes donnent à l’ensemble une dimension spectaculaire. Là, le KamFest prend véritablement feu !

Le chanteur et une invitée de Kamelot de part et d’autre d’un jet de flammes, devant la batterie.

Kamelot — Ashen World et l’ambiance du début de concert

L’enchaînement avec « The Great Pandemonium », puis « Rule the World », est redoutable d’efficacité. On sent un groupe heureux d’être là, qui joue avec son public autant que pour lui. Oliver Palotai, le mari de Simone Simons, chanteuse d’Epica, quitte même son installation habituelle, clavier portable en main, et vient pousser un growl ! Un petit moment inattendu, savoureux, qui résume bien l’esprit de la soirée. Petit clin d’œil au passage : Epica doit son nom à l’album homonyme de Kamelot. Simone a d’ailleurs été invitée à plusieurs reprises à l’époque de Roy Khan, sur The Black Halo, Ghost Opera et Poetry for the Poisoned.

Arrive ensuite « Liar Liar (Wasteland Monarchy) », précédé d’un trait d’humour autour des chiffres de vues sur YouTube : après tout, YouTube ne ment pas… ou presque !

Kamelot — Liar Liar (Wasteland Monarchy)

Godlike Alchemy, Karma et quelques imprévus

« Godlike Alchemy » confirme immédiatement son efficacité. Son refrain, et particulièrement le fameux « I am a sorcerer! », s’imprime dans la tête. Je me dis même qu’ils tiennent là un single évident… avant de me rappeler qu’il est justement déjà sorti en single cet été. Comme quoi, ce titre a tout pour devenir un incontournable de leurs futurs concerts.

Petit retour dans le passé avec « Karma ». Un léger souci technique vient perturber le lancement : l’introduction semble avoir décidé de ne pas démarrer. Plutôt que de laisser s’installer un silence gênant, le groupe occupe la foule, plaisante et repart. C’est aussi cela, un vrai concert : des êtres humains, du matériel parfois capricieux et la capacité de transformer un contretemps en souvenir sympathique.

« Revolution », extrait de Haven, remet ensuite tout le monde d’accord, avec le retour des deux chanteuses. Une brève introduction, « Nocte Veritas », ouvre la voie à « New Babylon ». Puis « Dark Asylum » s’impose avec la même intensité jubilatoire que « Godlike Alchemy ». « Ivy, My Dear » offre une respiration bienvenue avant une nouvelle montée en puissance.

Alex Landenburg, Tommy et le drapeau

Place alors à un superbe solo de batterie signé Alex Landenburg, également membre de Cyhra. Détail qui rendra la soirée encore plus sympathique : le batteur allemand fête précisément ses 47 ans ce 30 octobre !

Puis retentit « One More Flag in the Ground ». Tommy Karevik agite un immense drapeau, et cette image me ramène quelques années en arrière. En 2011, lorsque Roy Khan s’était éloigné de Kamelot, Fabio Lione, de Rhapsody of Fire, assurait les parties vocales sur scène. Un jeune chanteur suédois de Seventh Wonder, Tommy Karevik, participait alors à la tournée en invité. Nous l’avions vu à Anvers à cette époque, où il chantait « Center of the Universe ». C’était il y a déjà quinze ans…

En 2012, Tommy devenait officiellement le chanteur de Kamelot. Il a depuis écrit son propre chapitre de l’histoire du groupe, sans effacer celui de son prédécesseur. Alors oui, ce drapeau, il peut l’agiter fièrement !

Sanctuary, Veil of Elysium : quand le public devient un chœur

Après un solo de clavier, voici « Sanctuary ». Tommy, impérial, prend place sur son trône, tandis qu’Ignacia Fernández et Clémentine Delauney viennent l’entourer de leurs voix contrastées. Entre chant clair, puissance lyrique et growls, le tableau est aussi théâtral que musical. Un des grands moments de la soirée.

Une chanteuse invitée devant le chanteur de Kamelot assis sur un trône, au milieu de jets de fumée violette.

Kamelot — Sanctuary

Puis arrive « Veil of Elysium ». Cette fois, c’est ce morceau qui endosse le rôle de grand moment fédérateur souvent réservé à « Forever » : les « whoa-oh » du public résonnent dans toute la salle. C’est aussi l’occasion de souhaiter un joyeux anniversaire à Alex Landenburg. Une salle entière qui chante avec Kamelot : difficile de demander mieux.

Le chanteur et les deux invitées de Kamelot réunis à l’avant de la scène sous des faisceaux jaunes.

Kamelot — Veil of Elysium

March of Mephisto et Sacrimony : une fin en apothéose

Pour le rappel, Kamelot nous réserve deux énormes classiques. « March of Mephisto » voit nos trois voix — Tommy, Clémentine et Ignacia — réunies pour une version aussi sombre que spectaculaire. Un titre qui continue à faire son effet, plus de vingt ans après The Black Halo.

Kamelot — March of Mephisto

Et pour conclure, « Sacrimony (Angel of Afterlife) ». Tout un symbole : c’était le premier single de l’ère Tommy Karevik, sur Silverthorn en 2012. Le chanteur profite du moment pour remercier le public de l’avoir accepté, lui qui avait la lourde tâche de succéder à Roy Khan. Mais, Tommy, après toutes ces années, cette place, tu l’as largement méritée !

Kamelot — Sacrimony (Angel of Afterlife)

Le concert se termine dans une formidable communion. Oui, il y a eu quelques notes de guitare un peu hésitantes et un micro parfois capricieux. Mais ce serait bien triste de réduire la soirée à ces petites imperfections. Comme Tommy l’a justement rappelé, ce sont de vrais humains sur scène. Et ce vendredi, ils nous ont offert quelque chose de précieux : du plaisir partagé, de la générosité, des souvenirs et ce sentiment rare d’avoir vécu un moment qui restera.

Je suis venu avec mes billets et quelques réserves sur le nouvel album. Je repars avec un t-shirt, le sourire, et Dark Asylum désormais en lecture quasi permanente. Si ce n’est pas la magie de Kamelot, je ne sais pas ce que c’est.

Merci, KAMELOT. Et merci au KamFest, à Xandria, ainsi qu’à l’équipe du 013 pour son accueil !

Setlist de Kamelot au KamFest 2026

Setlist de Kamelot au KamFest 2026

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  1. […] a profité d’un concert vendredi soir – si ça vous intéresse, c’est par ici. . Pirtuk a fait un grand tour jeudi (un peu plus de 6 km) avec Choupette et moi. J’avais un […]

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