Meurtres à Varjakka : un Nordic noir sous le soleil de Finlande

Nous étions à la recherche d’une petite série nordique lorsque, une nouvelle fois, Arte a fait des merveilles. Nous sommes tombés sur Meurtres à Varjakka, dont le titre original finnois est Kaikki synnitAll the Sins en anglais.

Meurtres à Varjakka – All the Sins

Cette série policière finlandaise se compose de trois saisons de six épisodes. Malgré des temporalités très différentes, elles sont intimement liées et forment une histoire particulièrement cohérente.

Dans la première saison, nous suivons Lauri Räihä, un jeune enquêteur homosexuel contraint de retourner dans la région où il a grandi, et Sanna Tervo, une policière expérimentée, divorcée et bien décidée à profiter de la vie. Un duo improbable, mais qui fonctionne très bien.

Ils sont appelés en renfort par Jussi Ritola, le commissaire de police local, qui sollicite l’aide de la police criminelle nationale finlandaise après le meurtre de deux membres influents de la communauté chrétienne læstadienne de Varjakka. Pour Lauri, cette enquête représente également un retour difficile vers son passé, sa famille et un milieu religieux qu’il avait fui dix ans auparavant.

La deuxième saison nous ramène en 1999, environ quinze ans avant les événements de la première. Jussi Ritola n’est alors encore qu’un jeune inspecteur. Il se retrouve confronté à une affaire qui va l’affecter très directement et dont les conséquences continueront à peser sur Varjakka pendant de nombreuses années.

La troisième et dernière saison revient à l’époque de Lauri et Sanna, cinq ans après leur première enquête. Une nouvelle affaire les ramène une fois encore à Varjakka et reprend progressivement les nombreux fils tissés au cours des deux saisons précédentes. C’est à ce moment-là que l’on comprend véritablement à quel point les trois enquêtes, les personnages et leurs secrets sont étroitement liés.

Mon avis

Mon avis sur la série est très positif. Nous sommes loin des moyens des grosses productions actuelles, mais Meurtres à Varjakka prouve qu’une excellente intrigue et de bons acteurs suffisent largement à nous embarquer.

Les trois enquêtes sont prenantes et le changement radical de temporalité dans la deuxième saison ne nuit absolument pas à la qualité de l’ensemble. Chaque saison raconte une histoire qui lui est propre, tout en apportant une nouvelle pièce à un puzzle beaucoup plus vaste. Les habitants de Varjakka ont tous leurs secrets, leurs blessures et des liens parfois bien plus étroits qu’on ne pourrait l’imaginer.

L’un des autres grands atouts de la série est sa manière de présenter le nord de la Finlande. Dans les polars nordiques, nous avons souvent l’habitude de découvrir ces régions sous un ciel gris, dans le mauvais temps ou recouvertes d’un épais manteau blanc.

Ici, c’est tout le contraire.

La Finlande apparaît ensoleillée, lumineuse et verdoyante. C’est aussi comme cela que j’ai pu la découvrir lorsque je me suis rendu dans le nord du pays en 2022. J’ai beaucoup aimé retrouver cette atmosphère dans la série, car elle permet de repousser certains clichés trop souvent associés aux pays nordiques. Le soleil et la verdure n’empêchent d’ailleurs pas Varjakka de conserver une ambiance lourde, mystérieuse et parfois inquiétante.

Concernant les acteurs, Maria Sid est excellente dans le rôle de Sanna. Elle parvient à rendre son personnage à la fois drôle, libre, profondément humain et bien plus fragile qu’il n’y paraît. Matti Ristinen livre également une très belle prestation dans le rôle de Jussi, probablement le personnage autour duquel se construit toute l’histoire.

Je suis un peu plus partagé concernant Johannes Holopainen, qui interprète Lauri, mais uniquement dans la troisième saison. Je l’avais trouvé beaucoup plus convaincant dans la première, peut-être parce que son personnage y était davantage troublé par son retour à Varjakka et par la confrontation avec son passé. Dans la dernière saison, son interprétation m’a semblé plus distante et moins habitée.

Cela reste néanmoins un défaut assez mineur face aux nombreuses qualités de la série.

Meurtres à Varjakka est donc une très bonne découverte : un polar nordique intimiste, bien écrit et porté par des personnages complexes. La série prend son temps, mais ne s’étire jamais inutilement. Ses trois saisons racontent une véritable histoire, avec un début, une progression et surtout une conclusion.

Une belle réussite finlandaise qui mérite clairement que l’on s’y attarde.


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