Cela faisait un petit temps que je souhaitais me lancer dans Wayward Pines, la trilogie de Blake Crouch. Ma curiosité avait notamment été éveillée après avoir entendu l’auteur dans l’excellent podcast de Lloyd Chéry, C’est plus que de la SF.
Si vous souhaitez écouter cette passionnante interview, dans laquelle Blake Crouch revient sur son travail d’écrivain et de scénariste, vous pouvez la retrouver sur Spotify.
Bienvenue à Wayward Pines

Dans le premier tome, intitulé Révélation en français, Blake Crouch nous emmène à Wayward Pines, une petite ville de l’Idaho encerclée par les montagnes.
Ethan Burke, un agent du Secret Service américain, reprend connaissance après un accident. Blessé et désorienté, il découvre rapidement que tout semble se liguer contre lui. Le shérif refuse de lui rendre ses papiers, il ne parvient pas à joindre ses supérieurs et personne, à l’extérieur de la ville, ne semble accessible.
Ethan avait pourtant été envoyé à Wayward Pines pour retrouver deux de ses collègues mystérieusement disparus…
Aller plus loin dans l’explication constituerait un véritable divulgâchage. Je préfère donc m’arrêter ici concernant l’intrigue. Le plaisir de la lecture repose énormément sur les questions que l’on se pose et sur la découverte progressive des secrets de cette étrange petite ville.
Une écriture directe et très visuelle
J’ai trouvé la plume de Blake Crouch particulièrement plaisante si l’on recherche une lecture fluide et peu fatigante. Ce n’est pas un écrivain qui cherche à éblouir avec une prose complexe ou particulièrement travaillée. Son écriture est directe, efficace et très visuelle, presque construite comme le scénario d’une série télévisée.
Cette approche ne plaira peut-être pas à tout le monde. Pour ma part, je pense cependant que l’objectif principal de ce type de roman est de divertir, de maintenir le suspense et de donner constamment envie de tourner la page. Sur ce point, le livre remplit parfaitement sa mission.
C’est direct, rythmé et plaisant à lire.
À la recherche de Twin Peaks

Avant même de commencer Wayward Pines, je m’attendais à retrouver quelque chose qui ressemblerait à Twin Peaks. Il faut pourtant préciser qu’à ce moment-là, je n’avais encore jamais regardé cette série culte.
Mon père en étant un grand admirateur et ayant été profondément marqué par celle-ci, je m’en étais construit une image assez précise : un mélange de thriller policier et de fantastique très léger, se déroulant dans une petite ville remplie de personnages étranges et de secrets.
Après avoir terminé le premier tome de Wayward Pines, je ne le décrirais pourtant pas exactement de cette manière. Je parlerais plutôt d’un thriller particulièrement tordu — je choisis volontairement mes mots pour éviter tout divulgâchage — se déroulant dans une ville très particulière, soumise à certaines limites que le lecteur découvre progressivement.
J’ai ensuite eu la chance de trouver Twin Peaks sur l’excellente plateforme de streaming d’Arte. Il était donc temps de satisfaire enfin ma curiosité. J’ai regardé la première saison et, au moment où j’écris ces lignes, je suis arrivé à la moitié de la deuxième.
Pour cet article, je me limiterai toutefois strictement à la saison 1.
Une première saison en deçà de mes attentes
Créée par Mark Frost et David Lynch, Twin Peaks suit l’enquête de Dale Cooper, un agent du FBI envoyé dans une petite ville de l’État de Washington, près de la frontière canadienne. Il doit élucider le meurtre de Laura Palmer, une lycéenne très connue au sein de la communauté locale.
Je dois être honnête : j’ai été un peu déçu.
J’ai aimé cette première saison, mais je l’ai trouvée en deçà de l’aura immense dont la série bénéficie encore aujourd’hui. Sans rien révéler de l’intrigue, on y suit une enquête policière qui semble d’abord relativement classique, mais qui est progressivement traversée par des éléments étranges, inquiétants et parfois franchement dérangeants.
Cela dit, j’ai le sentiment que cette première saison sert avant tout à poser le décor, à présenter les nombreux habitants de Twin Peaks et à installer son atmosphère si particulière. La série commence probablement de manière relativement contenue pour nous emmener ensuite vers quelque chose de beaucoup plus grand. C’est du moins ce que j’imagine — et ce que la suite commence déjà à me laisser entrevoir.
Une réalisation et des acteurs remarquables
Là où je comprends beaucoup mieux le succès de Twin Peaks, c’est dans sa réalisation, son ambiance et surtout son jeu d’acteur.
Kyle MacLachlan est absolument génial dans le rôle de l’agent Cooper. Beaucoup le reconnaîtront comme Orson Hodge dans Desperate Housewives, mais il a surtout incarné Paul Atréides dans l’adaptation de Dune réalisée par David Lynch en 1984. Plus récemment, on a également pu le retrouver dans la série Fallout, adaptée de la célèbre franchise de jeux vidéo.
On reconnaît aussi Mädchen Amick dans le rôle de Shelly Johnson. L’actrice est notamment apparue dans Joey, le spin-off de Friends, où elle interprétait Sara.
Plus largement, les acteurs participent énormément à l’identité de la série. Les personnages possèdent presque tous une personnalité marquée, parfois excessive, étrange ou volontairement théâtrale. Même lorsque l’intrigue avance lentement, la réalisation et les interprétations maintiennent cette impression que quelque chose ne tourne vraiment pas rond à Twin Peaks.
Deux villes finalement très différentes
Après avoir lu le premier tome de Wayward Pines et regardé la première saison de Twin Peaks, j’entrevois effectivement quelques similitudes.
Dans les deux œuvres, un enquêteur extérieur arrive dans une petite ville isolée. Il découvre une communauté en apparence paisible, mais traversée par des secrets, des comportements étranges et une menace difficile à identifier. Les deux récits jouent également avec cette sensation permanente que la réalité dissimule quelque chose.
Pour le moment, ces similitudes me paraissent toutefois assez superficielles.
Twin Peaks prend son temps et mélange enquête policière, drame, soap opera, humour étrange, fantastique et surréalisme. Wayward Pines adopte une approche beaucoup plus directe et se présente davantage comme un thriller sous tension, construit pour pousser le lecteur à découvrir au plus vite ce que cache réellement la ville.
Les deux œuvres utilisent donc une petite communauté mystérieuse comme point de départ, mais elles semblent emprunter des chemins très différents.
Malgré ma légère déception devant la première saison de Twin Peaks, ma curiosité reste intacte. Je veux maintenant découvrir jusqu’où David Lynch et Mark Frost vont m’entraîner, mais aussi connaître la suite imaginée par Blake Crouch.
Les portes de Twin Peaks et de Wayward Pines viennent seulement de s’entrouvrir…

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