J’attendais avec beaucoup d’impatience la D&D Con, organisée du 30 juillet au 2 août 2026 dans le cadre de la Gen Con d’Indianapolis. Pour l’occasion, Wizards of the Coast n’avait pas fait les choses à moitié : l’Indiana Repertory Theatre avait été transformé en véritable D&D Tower, avec six étages entièrement consacrés à Dungeons & Dragons. Au programme : parties en direct, conférences, spectacles, musique, expériences interactives et, bien entendu, la très attendue D&D Vision Keynote 2027.
Cette keynote était présentée par Theo Solomon, la voix de Wyll dans Baldur’s Gate 3. Pour être tout à fait honnête, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Quelques annonces intéressantes ? Une nouvelle feuille de route ? Peut-être deux ou trois livres supplémentaires ?
Eh bien, j’étais très loin du compte.
Les annonces se sont enchaînées et, pour ma part, elles ont presque toutes été d’excellentes surprises. Si vous souhaitez découvrir la conférence dans son intégralité, vous pouvez visionner la D&D Vision Keynote 2027 sur YouTube.
D&D entre dans l’ère des saisons
Depuis le début de l’année 2026, Dungeons & Dragons organise désormais ses sorties autour de saisons thématiques. Nous venons de clôturer la Saison de l’horreur, marquée par le retour de Ravenloft, avant d’entrer dans la Saison de la magie avec Arcana Unleashed. La suivante, la Saison des champions, était déjà connue, mais peu d’informations avaient filtré à son sujet avant cette conférence.
La keynote a surtout permis de découvrir les trois grands thèmes qui lui succéderont :
- la Saison de la survie ;
- la Saison de Sword & Sorcery ;
- la Saison de la rébellion.
À première vue, il ne s’agit que de noms. Pourtant, chacun d’eux cache le retour d’un univers mythique ou l’arrivée d’un crossover particulièrement ambitieux. Et c’est là que les choses deviennent vraiment intéressantes.
D&D Icons : les légendes reviennent à la table
L’une des plus grosses annonces de la conférence fut la création de D&D Icons, une nouvelle initiative dirigée par Joe Manganiello en tant que directeur créatif.
Je connaissais surtout Joe Manganiello pour ses apparitions dans The Big Bang Theory, How I Met Your Mother et True Blood. Je savais également qu’il était un grand passionné de Dungeons & Dragons, mais je ne m’attendais pas à le voir occuper une place aussi importante dans l’avenir de la licence.
Le principe de D&D Icons est particulièrement séduisant : réunir des créateurs légendaires de D&D et leur permettre de revenir aux univers ou aux personnages qui ont marqué leur carrière.
Luke Gygax, le fils de Gary Gygax — l’un des cocréateurs de Dungeons & Dragons — travaillera ainsi sur Greyhawk Legacy, à partir de notes et d’éléments inachevés laissés par son père. Greyhawk reviendra également au premier plan pendant la Saison de Sword & Sorcery.
Du côté de Dragonlance, ce sont ses créateurs historiques, Margaret Weis et Tracy Hickman, qui prépareront un nouvel ouvrage rassemblant et développant quarante années d’histoire et de lore.
Et puis il y a l’annonce qui m’a personnellement fait bondir : R. A. Salvatore travaillera sur un projet consacré à Drizzt Do’Urden et à sa légende dans les Royaumes oubliés. Vu mon enthousiasme actuel pour les romans de Salvatore, vous imaginez facilement ma réaction !
Sur le papier, D&D Icons ressemble à un magnifique pont entre l’histoire du jeu et son avenir. Wizards of the Coast ne se contente pas de ressortir d’anciens noms : l’entreprise rappelle certains des créateurs les plus étroitement associés à ces univers pour les faire vivre à nouveau.
Dark Sun est de retour !
Après D&D Icons, une autre annonce majeure est tombée : Dark Sun revient officiellement.
Créé au début des années 1990, Dark Sun prend place sur Athas, un monde postapocalyptique ravagé, brutal et presque entièrement désertique. Les ressources y sont rares, la survie est difficile et de puissants rois-sorciers règnent sur des cités-États impitoyables. On se trouve très loin de la fantasy héroïque et relativement confortable de certaines régions des Royaumes oubliés.
Ce retour constituera le cœur de la Saison de la survie. Dark Sun bénéficiera notamment de deux ouvrages, Dark Sun: Blood and Power et Dark Sun: Edge of Oblivion, pour un ensemble annoncé de près de 500 pages. Le ton sera manifestement plus dur et plus adulte que celui des publications habituelles de D&D.
Je trouve ce choix particulièrement intéressant. D&D montre ainsi qu’il peut proposer des expériences radicalement différentes en conservant le même système de jeu : aventure héroïque, horreur gothique, survie postapocalyptique ou grandes épopées de fantasy.
D&D Beyond et une nouvelle application
La conférence a également été l’occasion de présenter plusieurs évolutions de D&D Beyond, dont de nouveaux moyens de trouver un groupe de joueurs ainsi qu’une nouvelle expérience mobile pensée pour accompagner les parties autour d’une véritable table.
Cette nouvelle application est annoncée pour 2027. J’espère personnellement qu’elle sera plus aboutie, plus stable et surtout moins sujette aux bugs que certaines fonctions actuelles de D&D Beyond. L’idée d’un outil mobile réellement conçu pour le jeu en présentiel est excellente ; il faudra maintenant voir comment elle sera concrétisée.
Warlock: Dungeons & Dragons se dévoile davantage
Nous avons ensuite retrouvé Tricia Helfer, l’inoubliable Numéro Six de Battlestar Galactica. Elle incarnera Kaatri dans le futur jeu vidéo Warlock: Dungeons & Dragons.
Elle était accompagnée de Maggie Robertson, connue notamment pour avoir interprété Lady Dimitrescu dans Resident Evil Village, qui prêtera ici sa voix et ses mouvements à Tasha.
Warlock: Dungeons & Dragons sera un jeu d’action-aventure solo à la troisième personne, prenant place dans un monde ouvert de dark fantasy. Sa sortie est annoncée pour novembre 2026. Même s’il faudra évidemment attendre de pouvoir y jouer pour se faire un véritable avis, l’ambiance présentée durant la conférence a clairement éveillé ma curiosité.
D&D: Universes Beyond commence avec World of Warcraft
Voici probablement l’annonce qui a fait rêver une partie du public… tout en faisant se hérisser les poils d’une autre : Dungeons & Dragons lance à son tour le concept Universes Beyond, déjà bien connu des joueurs de Magic: The Gathering.
La première grande licence à rejoindre D&D sera World of Warcraft, si l’on met de côté le crossover déjà réalisé avec Stranger Things. Cet univers ouvrira la Saison des champions, avec un ouvrage de 256 pages annoncé pour le 17 novembre 2026. Il comprendra notamment de nouvelles espèces, de nouvelles sous-classes et plusieurs donjons emblématiques adaptés au jeu de rôle sur table.
Personnellement, je suis très enthousiaste. Je n’ai jamais réellement joué à World of Warcraft, mais j’ai adoré Warcraft III. Retrouver Azeroth, ses peuples, ses lieux et ses conflits à travers les règles de D&D pourrait donc être particulièrement amusant.
Je comprends malgré tout les réticences. Pour certains joueurs, Dungeons & Dragons doit rester associé à ses propres mondes et à une forme précise de fantasy médiévale. Mais, à mes yeux, D&D est aussi — et peut-être avant tout — un système de jeu. Si l’on parvient à retirer ce filtre selon lequel D&D devrait obligatoirement correspondre à une seule forme de fantasy, les possibilités deviennent immenses.
Trois studios pour faire vivre les univers classiques
Wizards of the Coast ne compte d’ailleurs pas produire seul tout ce nouveau contenu. Trois studios ont été choisis pour assurer un suivi officiel et régulier de plusieurs univers appréciés des joueurs :
- Ghostfire Gaming travaillera sur Ravenloft, avec une première publication prévue en 2027 ;
- Visionary Productions prendra en charge Eberron, avec un projet annoncé pour 2028 ;
- Kobold Press développera du contenu pour les Royaumes oubliés, également à partir de 2028.
Le choix de Kobold Press est particulièrement intéressant, compte tenu de l’expérience du studio dans la création de contenu compatible avec D&D. Cette collaboration pourrait apporter de très bonnes choses aux Royaumes oubliés.
Dungeon Masters part pour Azeroth… puis Icewind Dale
Les deux prochaines campagnes de la série d’actual play Dungeon Masters ont elles aussi été annoncées.
La distribution réunira Jasmine Bhullar derrière l’écran du maître du donjon, ainsi que Neil Newbon, Devora Wilde, Christian Navarro et Mayanna Berrin. Theo Solomon rejoindra désormais l’équipe.
La troisième campagne les emmènera en Azeroth, dans l’univers de World of Warcraft. La quatrième prendra ensuite la direction d’Icewind Dale, dans les Royaumes oubliés, avec le retour annoncé de personnages familiers de Baldur’s Gate 3.
Azeroth suivi d’Icewind Dale : franchement, c’est du lourd !
Et soudain… Dark Vador
Alors que la conférence semblait toucher à sa fin, une dernière surprise nous attendait.
Une respiration inquiétante. Une silhouette que tout le monde reconnaît immédiatement. Et puis… Dark Vador.
Après World of Warcraft, Star Wars rejoindra donc à son tour D&D: Universes Beyond. La révélation semble naturellement liée à la future Saison de la rébellion, même si de nombreux détails restent encore à annoncer.
Ce choix pourra paraître déroutant. Star Wars est très éloigné, en apparence, de l’image traditionnelle de Dungeons & Dragons. Pourtant, le jeu de rôle Star Wars et D&D partagent depuis longtemps les mêmes ingrédients fondamentaux : un groupe de héros, des classes ou archétypes complémentaires, des pouvoirs extraordinaires, des combats, de l’exploration et une grande aventure racontée collectivement.
Si l’adaptation est réalisée intelligemment, je pense sincèrement que cela peut très bien fonctionner.
Un avenir qui me rend très enthousiaste
Cette D&D Vision Keynote fut bien plus riche que je ne l’imaginais. Entre le retour de Dark Sun, Greyhawk, Dragonlance et Drizzt, la création de D&D Icons, les collaborations avec de nouveaux studios, les évolutions de D&D Beyond, Warlock, World of Warcraft, Icewind Dale et l’arrivée de Star Wars, Wizards of the Coast a présenté une feuille de route particulièrement ambitieuse.
Tout ne plaira évidemment pas à tout le monde. Certains préféreront que D&D reste concentré sur ses univers historiques, tandis que d’autres seront ravis de lancer leurs dés en Azeroth ou dans une galaxie lointaine, très lointaine.
Pour ma part, je vois surtout un jeu qui ose enfin exploiter toute sa souplesse. Dungeons & Dragons possède ses propres mondes, son histoire et son identité, mais il peut également devenir une porte d’entrée vers d’autres univers sans perdre ce qui fait sa force : se retrouver autour d’une table et construire ensemble une grande aventure.
Une chose est certaine : je suis extrêmement enthousiaste pour l’avenir de D&D !
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