Ce jeudi 13 août 2026, je prenais la route de l’OM à Seraing, en Belgique, avec Young Apath, Lightman et Ghor’mak. Au programme : Employed to Serve en première partie, puis In Flames et plus de trente ans de death metal mélodique. Une soirée musicalement mémorable, même si elle a commencé par une vraie déception concernant l’accueil des personnes à mobilité réduite.
Avant la musique, un dispositif PMR vraiment insuffisant
Commençons par le point négatif — promis, après cela, nous plongerons dans la véritable chronique du concert :-).
La situation actuelle de mon genou m’oblige à demander une place PMR, justificatif médical à l’appui. J’avais effectué toutes les démarches auprès de l’organisation : ma demande avait été acceptée et mon nom devait figurer sur une liste. Pourtant, à mon arrivée, il n’y était pas.
On m’a rapidement assuré que ce n’était pas un problème et j’ai pu rejoindre l’espace réservé : une petite plateforme. En la découvrant, je me suis immédiatement dit que je ne pouvais pas m’y installer. J’ai certes un sérieux problème de mobilité, mais je ne pouvais décemment pas occuper l’une des rares places au détriment de personnes dont la situation était encore plus complexe, notamment celles en fauteuil roulant.
Avec le recul, ce simple dilemme révèle déjà le fond du problème : un dispositif PMR correctement dimensionné ne devrait forcer personne à se demander s’il est « suffisamment handicapé » pour avoir le droit de l’utiliser.
Heureusement, mes amis avaient repéré un balcon doté de larges marches. Ils ont formé un grand carré protecteur autour de moi afin que je puisse rester assis tout en voyant la scène. J’avais aussi pensé à emporter mon traitement contre la douleur — et il est malheureusement devenu nécessaire très rapidement.
Je me suis alors rendu compte que d’autres compagnons d’infortune avaient, eux aussi, demandé un accès PMR, mais avaient renoncé à utiliser l’espace prévu faute de place et d’un dispositif réellement adapté. Nous nous sommes donc retrouvés plusieurs à souffrir durant la soirée ; certaines personnes ont même fini par partir.
Employed to Serve : le concert que je n’ai pas pu recevoir comme il le méritait
Je dois être honnête : la première partie assurée par Employed to Serve ne m’a pas vraiment plu. Mais cela ne signifie absolument pas que le groupe britannique ait mal joué — bien au contraire. La réaction acharnée de la fosse témoignait de l’efficacité de sa prestation.
Simplement, toutes ces péripéties ne m’avaient pas mis dans de bonnes conditions et la douleur prenait de plus en plus de place. Difficile, dans ce contexte, de se laisser emporter par un concert.
J’ai tout de même entendu un metalcore particulièrement convaincant, avec certaines rythmiques qui m’ont rappelé les deux premiers albums de Machine Head. Et ça, ce n’est pas un petit compliment. Je vous conseille donc d’écouter Employed to Serve sur Spotify afin de vous faire votre propre avis.
Avant de passer aux stars de la soirée, deux détails encore. La climatisation ne parvenait manifestement pas à suivre — il avait fait plus de 35 °C à l’extérieur — et la lampe située au-dessus de notre balcon ne s’est jamais éteinte. De quoi casser un peu l’ambiance, surtout lorsqu’on observe le spectacle depuis un espace déjà improvisé.
In Flames : dès Colony, la salle bascule
J’écoute In Flames depuis 2003 ou 2004, à l’époque où le groupe préparait Soundtrack to Your Escape. L’album a d’ailleurs été mixé aux Galaxy Studios de Mol, en Belgique, non loin du site du Graspop Metal Meeting. Tout un symbole.

Je me souviens encore des polémiques de l’époque : pour certains fans, le son du groupe devenait trop « nu metal ». Personnellement, lorsque je réécoute cet album aujourd’hui, j’ai toujours du mal à comprendre ce qu’il aurait vraiment à voir avec Korn.
À Seraing, le concert commence par une chanson absolument culte : Colony, tirée de l’album du même nom. L’ambiance devient immédiatement folle. Arrive ensuite Deliver Us et, dès ce moment, je comprends que nous allons assister à un véritable best of couvrant une grande partie de la discographie du groupe.
En tout, 17 titres seront joués. Trois proviennent du dernier album, Foregone, et font déjà figure de classiques : Meet Your Maker, Foregone Pt. 2 et State of Slow Decay. Je regrette malgré tout l’absence de The Great Deceiver et Foregone Pt. 1. C’est dire à quel point je trouve ce dernier opus excellent.
Voices sera le troisième morceau de la soirée. J’en ai filmé un extrait : étant assis, une barre de sécurité apparaît malheureusement dans le champ. Ce sera d’ailleurs la seule vidéo que je partagerai.
Anders Fridén, l’humour et le metal en famille
Malgré la chaleur intense, le groupe ne s’arrête pratiquement jamais et livre une prestation d’une solidité remarquable. Anders Fridén salue la présence d’enfants dans la foule et dédie même Meet Your Maker à un petit garçon installé sur les épaules de son papa.
Le metal est aussi une affaire de famille. In Flames existe depuis le début des années 1990 et cela se voit dans la salle : parents — voire grands-parents ? — et enfants partagent le même concert. Cela fait réellement plaisir à voir. Le public metal est souvent réputé pour sa chaleur et sa bienveillance, ce qui contraste délicieusement avec les circle pits, le crowdsurfing et autres walls of death :-).

Anders Fridén aura d’ailleurs un avis visiblement partagé sur un fan particulièrement costaud qui pratiquait le crowdsurfing tout en lui exhibant sa poitrine. Un humour bon enfant, ponctué de quelques « shut up » lancés avec le sourire lorsqu’il tentait de reprendre la parole face à l’enthousiasme débordant de la foule.
The Chosen Pessimist, puis plus aucun temps mort
Le seul véritable moment de répit viendra avec The Chosen Pessimist. Anders s’assoit tout près du public pour interpréter ce morceau plus lent et atmosphérique. Ensuite, plus aucun temps mort : Cloud Connected — raaaahhh ! —, Artifacts of the Black Rain, Trigger et Only for the Weak font traverser plus de vingt-cinq ans d’histoire au public de l’OM.
Le dernier acte du concert est tout aussi redoutable. Alias et The Mirror’s Truth, tirés de A Sense of Purpose, précèdent I Am Above, issu de I, the Mask. Puis Take This Life, de Come Clarity, referme la soirée sans rappel artificiel : du pur concert, jusqu’à la dernière note.
La place accordée à A Sense of Purpose n’a rien d’anodin. Will Ramos, l’excellent et charismatique chanteur de Lorna Shore, a raconté que cet album d’In Flames avait littéralement changé sa vie.
Une immense prestation qui méritait de meilleures conditions
Que retenir de cette soirée ? Malgré les promesses faites concernant l’accueil PMR, le dispositif de la salle n’a pas répondu présent et cela a eu un impact concret sur plusieurs personnes, jusqu’à en forcer certaines à partir. Ajoutons-y la chaleur intense et cette lumière restée allumée au-dessus du balcon : les conditions étaient loin d’être idéales.

Musicalement, en revanche, le son était excellent. Young Apath et moi en avons longuement discuté : quelle justesse dans la voix d’Anders Fridén ! Même constat pour les solos de Björn Gelotte, d’une précision incroyable.
Vu la chaleur, nous sommes rapidement allés boire un soft après le concert — sauf Ghor’mak, hein ;-). Young Apath, qui portait un superbe t-shirt Kamelot de la période Karma, a même rencontré son propre fan, venu lui demander un selfie. On ne peut pas inventer pareille conclusion.
Enfin, dédicace spéciale à mes amis. Malgré mon problème temporaire, ils me permettent encore de profiter de temps à autre d’un bon concert, de sortir et de me changer les idées. Big up, les gars.
Et mention toute spéciale à Lightman, qui nous a conduits et ramenés dans sa voiture du futur — celle qui donne presque l’impression de conduire toute seule. Après un concert d’In Flames, rentrer à bord d’un petit vaisseau autonome avait quelque chose d’assez parfait. Merci, chauffeur interstellaire :-).

Setlist complète d’In Flames à l’OM de Seraing
- Colony
- Deliver Us
- Voices
- Paralyzed
- The Quiet Place
- Meet Your Maker
- The Chosen Pessimist
- Cloud Connected
- Artifacts of the Black Rain
- Trigger
- Only for the Weak
- Foregone Pt. 2
- State of Slow Decay
- Alias
- The Mirror’s Truth
- I Am Above
- Take This Life
La setlist peut également être consultée sur Setlist.fm.

Laisser un commentaire